Bourse du Talent 2026 : Chloé Nicosia
One hundred trillion dollars
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Cette série explore les traces de l’hyperinflation au Zimbabwe dans les années 2000 à travers un mélange de photographies argentiques et d’archives de billets de banque édités durant cette période.
En 2015, je me rends au Zimbabwe où travaille mon père. Lors d’un road-trip, je remarque de grands panneaux publicitaires vides ou décharnés que je commence à photographier.
Ces images deviennent le point de départ d’une réflexion sur l’effondrement économique et la disparition des représentations dans l’espace public.
En me documentant, je découvre que le Zimbabwe a connu l’une des plus graves crises économiques contemporaines sous le régime de Robert Mugabe. Au début des années 2000, l’hyperinflation atteint son paroxysme : des billets aux montants absurdes sont imprimés, certains portant même des dates de péremption.
Le titre de la série, « One hundred trillion dollars », correspond au billet le plus élevé jamais édité, équivalant alors à environ 40 centimes de dollar américain.
À travers l’histoire du Zimbabwe, cette série fait écho à des enjeux contemporains.
Aujourd’hui encore, des pays comme le Venezuela, le Liban, le Soudan ou l’Argentine connaissent de fortes crises inflationnistes, révélant la fragilité des systèmes économiques et monétaires dans un système capitaliste.

Photographe, artiste visuelle.
À la suite d’un master en Science-Politique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Chloé Nicosia devient d’abord correspondante pour la presse quotidienne régionale. Après un passage à l’Agence France Presse, elle s’installe en 2007 en tant que photographe freelance développant une esthétique de l’image essentiellement en lien avec le monde musical.
En 2019 elle devient contributrice image au Chantier des Francofolies de la Rochelle qui accompagne de manière globale des artistes musicaux émergents.
Elle a publié ses travaux dans plusieurs titres de presse (Libération, Grazia, Modzik, Le Bonbon, Elle, Mixte, A Nous Paris). En parallèle, elle mène depuis plusieurs années une pratique plasticienne, mêlant à l’image le travail sur la matière (néons, collages, sculptures). Elle poursuit cette réflexion lors d’une licence d’Arts Plastiques à la Sorbonne. Depuis 2010, elle enseigne également dans une école de photographie du Grand Paris.
Elle participe à plusieurs expositions en galeries en France et à l’étranger (Belgique, Mexique), ainsi qu’à deux reprises aux Nuits Photographiques de Pierrevert.
En 2022, elle développe une maquette de livre « One hundred trillion dollars » sur le sujet de l’hyperinflation au Zimbabwe réalisé pendant sa résidence à l’École Nationale Supérieure de la Photographie à Arles (ENSP), qui sera sélectionnée en 2024 dans huit festivals de photographie à travers le monde.
En 2025, elle est lauréate de la Biennale des Rencontres Photographiques du 10ème à Paris.