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Circle

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«Circle» est un projet transmédia qui tente de capturer et de retranscrire une humeur. Celle des habitants ukrainiens et notamment de sa jeunesse dont le quotidien oscille entre la fureur et les désillusions.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la question du témoignage et de sa forme est devenue un enjeu essentiel pour ceux qui souhaitent en témoigner. En construisant une multitude de portraits de trajectoire d’ukrainiens tous fauchés par la guerre à leurs manières, «Circle» fait tournoyer ces destins jusqu’à un espace commun. La rave.

La rave est devenue un espace de rencontre entre ces militaires en permissions qui ne se reconnaissent plus dans cette vie calme, ces vétérans blessés, ces civils qui culpabilisent, ces pré-adultes qui savent leurs jours comptés avant une mobilisation… Tous ces gens se retrouvent ici. Elle permet de se retrouver face à ses propres émotions. La musique les enveloppant et le manque de lumière les protègent de tout jugement. Ils sont à la fois libres de tout et partagent cette expérience avec autrui.

En projetant la musique assourdissante de la rave et des photographies prises à la fois hors et à l’intérieur de la rave, le spectateur peut ainsi projeter son propre ressenti et son interprétation de ces destins. Comme eux, le spectateur doit expérimenter cette sensation afin de comprendre ces images. Le contraste entre le son et les images du quotidien transporte le spectateur dans la situations de ces ukrainiens qui en dansant, ont tous ces images en tête.

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D’origine ukrainienne, j’ai émigré en France en 2022, à l’âge de 25 ans, avec rien d’autre mon passé d’avocate et un sac à dos après l’invasion de la Russie. A Paris, je vis où je peux et je comment à travailler dans la restauration. Mes qualifications ne valent plus rien et je ne parlais pas français. Une histoire assez banale d’immigration forcée.
Je n’avais aucune connaissance du médium photographique ou, même plus généralement, de l’histoire des formes et des images. Je me suis plongée dans la photographie en dévorant tout ce qui me tombais dessus. Tout est image, tout est prétexte à témoigner. Les coulisses d’un cabaret parisien, ma famille restée en Ukraine, des amis, des personnes atteintes de trisomie 21, ou mon quotidien.
Mais il y a eu toujours eu quelques choses qui m’a influencé. Mon oncle Sacha. Sacha est une personne avec un handicap mental. Il ne s’en rend pas compte, mais il a l’âge mental d’un enfant dans le corps d’un homme d’une soixantaine d’années. Il est heureux mais a besoin de l’aide de toute ma famille. Ma grand-mère est la soignante principale de Sacha, ils sont meilleurs amis. Elle a 86 ans. Il m’arrive régulièrement d’avoir peur lorsque je pense à leurs avenirs.
Ainsi, l’atmosphère de mes photos a toujours été dirigé par le prisme de cette obsession. Comment trouver sa place dans ce monde ? Que vous soyez handicapé, réfugié, transsexuel, timide, obèse ou en insuffisance, comment trouver sa place dans ce monde ? Comment transmettre et interagir dans ce monde où l’expérience est de plus en plus plurielle et spécifique ?
La photographie n’est pas seulement un moyen d’expression pour moi, c’est une façon de répondre à ces gens. Oui, ils ont une place dans ce monde. Et moi aussi.

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